Rue de l'Université, le 29 novembre, 14h02.
Cette photo a été prise par deux de nos journalistes d'investigation, qui se sont lancés dans une enquête dîte "à risque", en se penchant sur le recours déposé
par Dominique Chéron et Françoise Vallet contre le député UMP Jean-Pierre GORGES.
L'un d'entre eux, tout en faisant planer le mystère au sein même de notre équipe, ne cessait de répéter qu'il était sur le coup de l'année, l'affaire qui propulserait le débat
politique local et national bien au delà de la vulgaire polémique Watergate...
Mais cette photo est précisément la seule chose qui reste de nos confrères, qui, depuis la prise de ce cliché, que nous avons retrouvé abandonné dans une poubelle près du Conseil Constitutionnel,
n'ont donné signe de vie ni à leur famille ni à notre équipe.
Si la décision du Conseil Constitutionnel, qui s'appuie sur le fait que Jean-Pierre GORGES aurait multiplié les inaugurations à la veille du scrutin, avait soulevé la surprise au sein de la
population chartraine, elle avait subjugué les politiques des plus hautes sphères...
Les 9 Sages avaient tranché en faveur des plaignantes, signant l'arrêt de mort du député et invalidant son élection gagnée à 59 voix d'écart avec la candidate socialiste, lors du scrutin de juin
2007.
Il eut été normal, dans un contexte politique national dominé par une majorité UMP, que le verdict de Michel Debré, Président du Conseil Constitutionnel, suive une logique de complaisance
propre à un esprit de famille (politique). Rejetant initialement l'argument d'une manoeuvre électoraliste, matérialisée par un trop plein d'inaugurations, le C.C. a finalement changé de cap dans
son étude du dossier GORGES en créant une quasi jurisprudence en la matière.
Notre rédaction s'est alors posée la question :
Pourquoi cette soudaine reconsidération de la plainte déposée ?
Pourquoi le député GORGES a-t-il subit les foudres de son propre camp ?
Pourquoi l'élection a-t-elle été invalidée sur un réquisitoire qui constitue une première ?
Mais surtout :
Pourquoi, selon cette logique, le député GORGES n'a-t-il pas été rendu inéligible ?
Pourquoi la candidate Françoise Vallet paraît, aujourd'hui, embarassée par cette victoire ?
Et pourquoi Jean-Pierre GORGES, lui, paraît aussi serein ?
C'est lorsque nous avons mis la main sur ce cliché que notre équipe s'est posée les bonnes questions. Et nous souhaitons rendre un hommage à nos confrères,
disparus, sans lesquels la vérité n'aurait jamais pu éclater.
En effet, après une enquête minutieuse pour laquelle nous
avons mobilisé tous nos affectifs , il semble que cette décision du Conseil Constitutionnel ait été prise dés le lendemain du scrutin de juin 2007 !
En effet, il semble que Jean-Pierre Gorges, fraichement élu, ait multiplié les rendez-vous privés avec le Président de la République, Nicolas Sarkozy. Lors de ces
entretiens, il n'aurait eu de cesse de déplorer cette victoire, qui, selon lui aurait pu ternir son image locale mais aussi l'image du Président d'un point de vue national.
De plus, il semble qu'il ait reproché à plusieurs reprises au Président les "boulettes" de l'entre-deux-tours, notamment concernant l'affaire de la T.V.A sociale... En ne manquant
pas d'ajouter " Nicolas, c'est toi qui a déconné... Ce rééquilibrage, tu me le dois bien !"
Nicolas Sarkozy lui aurait alors répondu par l'affirmative tout
en lui concédant que " Le Vallet ne gagne qu'a la belotte... Sur une partie de poker comme celle-ci, le Roi arrive légitimement en nette première place
!"
(N.d.l.r. : Tous ces propos nous ont été rapportés par des indic officiant pour notre compte à l'Assemblée Nationale et dans les ministères stratégiques)
A la surprise générale, Jean-Pierre GORGES , dés septembre, avait annoncé son entrée en campagne pour le siège municipal . Ses adversaires politiques y avaient vu un lancement prématuré, motivé
par l'affolement au lendemain du faible score des législatives. Nous y voyons un lancement "a tempo" pour mener stratégiquement une double campagne.
Françoise Vallet, la candidate socialiste, s'est bel est bien faite prendre à son propre jeu, puisque aujourd'hui elle se retrouve dans une situation contraire aux principes
qu'elle scande depuis son entrée en politique.
Le non-cumul des mandats, qu'elle jugeait par principe contre-nature, est désormais son cheval de bataille... Et c'est Jean-Pierre Gorges qui l'y a poussée !
Trahissant ses principes publiquement, elle se retrouve à mener une campagne tardive sur deux fronts, avec l'espoir inavoué de perdre avec, au moins, le même faible écart de voix...
Notre équipe se pose toutefois une ultime question :
Etant donné le contexte politique de juin 2007, peu favorable à une ré-élection aisée pour
Jean-Pierre Gorges, celui-n'aurait-il pas mené ces nombreuses inaugurations dans le but de pousser ses adversaires à déposer le recours qui lui donnerait, à lui, une seconde chance de s'imposer
largement ?
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